Dans un studio blanc jonché de vêtements disposés au sol, trois femmes racontent en détail des récits d’agressions sexuelles, qu’elles rejouent avec précision, jusqu’à en restituer les gestes. La réalisatrice Mariia Lapidus, accompagnée de Lera Vetkhova, directrice de la photographie, et de Margo Shkalina, cheffe décoratrice, prêtent leurs corps à des témoignages de victimes restées anonymes, glanés en ligne ou confiés directement aux interprètes. S’enchaînent ainsi d’éprouvantes reconstitutions, pour un résultat viscéral, en forme d’uppercut féministe. Documentaire conceptuel à la frontière de l’art performatif, Second Skin s’impose comme un geste aussi radical que nécessaire, où le corps féminin devient le réceptacle d’une mémoire douloureuse et d’un difficile chemin vers la libération de la parole. Glaçant et magistral.