Dans Dao, Alain Gomis part d’un geste vertigineux: un casting au cours duquel il compose une famille, réelle ou imaginée, appelée à habiter un territoire cinématographique aux confins de la fiction et du documentaire. De ce dispositif naît l'histoire de Gloria, qui accompagne le mariage de sa fille Nour en banlieue parisienne. Un an plus tôt, en Guinée-Bissau, elle assistait à la cérémonie consacrant son père défunt comme ancêtre. À partir de ces deux rituels, le cinéaste franco-sénégalais compose une fresque familiale dense et vibrante, où résonne l’héritage du colonialisme. Par une mise en scène libre et enivrante, Gomis fait de son film un espace flottant où réel et fiction, mémoire et présent, Afrique et Europe se rejoignent dans le Dao, ce « mouvement perpétuel et circulaire qui coule en toute chose et unit le monde ».