Retrouvant sa technique de prédilection – le grattage sur pellicule –, Pierre Hébert signe un nouveau film expérimental traversé de fulgurances, où des figures animées apparaissent et disparaissent comme des éclairs. Une forme humaine, suspendue entre chute et envol, ouvre cet étourdissant ballet d’oiseaux et de mouches, qui se déploie en cinq mouvements ponctués de fragments d’un poème. Au chant enivrant de la grive des bois répond le fracas strident d’insectes s’écrasant contre une vitre. Se confrontent ainsi deux élans contraires: le désir de liberté et la sensation d’être pris au piège. S’inspirant du principe de la fugue musicale, l’immense cinéaste québécois compose une saisissante allégorie de la maladie grave. Une œuvre dédiée à la mémoire de Claude Beaugrand (1949-2023), qui en a réalisé une partie des prises de son.