En 1949, l’écrivain Thomas Mann et sa fille Erika sillonnent une Allemagne encore meurtrie par la guerre. De l’Est à l’Ouest occupé, ce voyage à travers un territoire en ruines devient le théâtre d’un face-à-face intime, où les blessures familiales font écho aux traumatismes d’une nation. Après Ida (2013) et Cold War (2018), Paweł Pawlikowski revient avec une fresque historique aussi puissante que virtuose, récompensée du Prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes. Porté par Hanns Zischler et Sandra Hüller (également à l’affiche de Rose de Markus Schleinzer, présenté au festival), le film dresse, dans un somptueux noir et blanc, le portrait d’une Allemagne confrontée au déni de ses responsabilités. Entre drame familial et réflexion sur la mémoire, Fatherland interroge avec acuité la possibilité d’un réveil moral après la catastrophe.